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cd Frank-agsteribbeEn vente le 11 mai lors des 24 heures de la vie d'un orgue au prix de 15 euros!!!

Joseph Haydn

Sonates pour clavier des années 1750 - début 1760


Joseph Haydn (1732-1809) mérite sans doute plus d’attention que celle qu’on lui attribue habituellement dans les programmes de concerts, de nos jours. Musicien éclectique à l’esprit très ouvert, il a occupé une position prépondérante dans l’évolution musicale du 18ème siècle. Sa longue vie créatrice l’a conduit à connaître et à sublimer les grandes différences stylistiques de son temps: de la fin du baroque au rococo, le «Sturm und Drang» du milieu du siècle, le classicisme viennois, et, vers la fin de sa vie, un style précédant le romantisme du 19ème siècle. La plus grande partie de sa vie, il a travaillé de façon plutôt solitaire, à la cour des Esterhazy, par opposition à Mozart qui, dès son enfance, a mené une vie cosmopolite.

Haydn a écrit une bonne partie de sa musique pour «Kenner und Liebhaber» (que l’on pourrait traduire librement par «connaisseurs et amateurs»), ce qui ne l’empêchait pas d’y déployer d’immenses talents artistiques et une inventivité remarquable.
Entre autres les «sonates» pour clavier (ou pour utiliser le titre qu’Haydn lui-même a donné à l’origine: «partitas» ou «divertimenti») sont écrites spécialement pour ses élèves et pour des amateurs.
Pour le jeune Haydn, l’enseignement garantissait un revenu, et comme il était d’usage, le professeur alimentait ses étudiants de ses nouvelles pièces. Voilà l’origine de nombreuses compositions simples et transparentes, qui dans le cas de Haydn n’en sont pas moins intéressantes! Dans le catalogue de sa musique de clavier, il y a de nombreuses oeuvres dont on ne connaît pas la chronologie, ni l’authenticité: comme la réputation de Haydn grandissait vers le début des années 1760, beaucoup de pièces lui ont été attribuées. Il est parfois difficile de juger de l’authenticité de l’oeuvre. Les doutes s’envolent à partir de 1765 quand il a commencé un catalogue de ses oeuvres mais pour toutes ces «sonates» écrites dans les années 1750, début 1760, la question restera probablement ouverte.
Mais pourquoi s’inquiéter? si la musique peut convaincre, émouvoir, surprendre, l’authenticité de la paternité de Haydn devient relative…

Dans mon choix des 7 sonates que j’ai enregistrées, j’ai cherché une différence maximale de style et de goût:

  • le «empfindsamer Stil» influencé par Carl Philipp Emmanuel Bach dans le mouvement lent de la Partita en Sol majeur, Hob. XVI: 6, ou celui de la sonate en Si bémol majeur, Hob. XVI: 2, dont on peut bien s’imaginer qu’ils étaient conçus pour le clavicorde.
  • le pré classicisme transparent, scintillant et virtuose de la première sonate en Do majeur.
  • ailleurs encore dans les compositions de Haydn, la bizarrerie capricieuse et humoristique et l’abondance d’idées. La diversité des Menuets dans cet enregistrement est étonnante.

Le dénominateur commun se résume pourtant en deux richesses: une maîtrise parfaite, et quelquefois une émotion profonde.

Ce qui nous mène à la question de l’instrument pour lequel Haydn a conçu ses sonates. Dans les sources, on trouve l’indication «Cembalo» ou «Clavicembalo», ce qui semble indiquer le clavecin.
Mais la réalité est moins claire: si on sait qu’à cette époque, «cembalo» ne signifiait que «clavier», et que «clavier» signifiait n’importe quel instrument qui était à disposition! Les instruments à clavier disponibles à ce moment étaient tellement nombreux -n’oublions pas que c’était bien l’époque du développement du forte-piano et toutes les inventions alliées. Les lettres des père et fils Mozart nous informent assez bien sur cette question: le jeune Wolfgang, quand il traversait l’Europe et jouait dans les cours, dans les villes et les églises, n’a-t-il pas joué sur toutes sortes de claviers qu’on lui proposait? Ne jouait-il pas ses oeuvres au clavecin, forte-piano, «Tangenten - flügel», orgue,…? A l’exception des pièces conçues pécifiquement pour un seul type d’instrument, la plupart des sonates, pièces de caractère, divertissements, variations,… se jouent sur n’importe quel type de clavier, à condition que l’interprète se permette la liberté d’adapter la musique afin de la faire sonner de manière idéale pour l’instrument choisi. Ce qui, selon moi, est le plus «authentique»!

Dans mon choix d’un orgue neuf dans un style classique, j’ai profité au plus haut degré des
qualités de l’orgue que Richard Dott a construit à Illzach, me donnant la possibilité d’une articulation «vivace» ou «cantabile», une richesse de couleurs dans les registres, et une transparence par laquelle cette musique vibre, parle, émeut.

Frank Agsteribbe, Octobre 2008

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